L’avenir des étudiants tiré au sort

        L’avenir des bacheliers sera tiré au sort !

Alors que les épreuves du baccalauréat sont sur le point de s’achever et que les futurs bacheliers, pour plus d’un tiers d’entre eux, se préparent à entrer à l’université, leur accueil en Licence est pour le moins incertain.

Parmi les quelques 10 000 étudiants ayant opté pour une licence de science politique sur le site Admission Post Bac (APB), dans différentes universités où cette formation existe, certains risquent d’être particulièrement déçus.

Faute de moyens, et devant l’impossibilité de faire face à l’augmentation de la demande qui se manifeste depuis plusieurs années, certaines facultés ont été contraintes de demander aux rectorats de tirer au sort un faible pourcentage des demandes qui leurs sont adressées.

            Cette mesure, qui peut paraître incroyable, empêche les étudiants de préparer et de décider de leur avenir librement et dans de bonnes conditions. Elle est le résultat d’une pénurie de postes d’enseignants-chercheurs dans de nombreuses disciplines, en science politique notamment. Sur le site APB, géré par le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, il est d’ailleurs explicitement mentionné que ce procédé du tirage au sort concerne « les Licences à capacité insuffisante ».

En science politique, le manque de postes est criant alors même qu’elle offre des formations attractives aux débouchés nombreux et qualifiés. C’est aussi une discipline particulièrement européanisée et internationalisée. Autrement dit, ce qui permet la mobilité et la réussite sociale est ici refusé à certains étudiants faute de moyens et d’une réelle ambition pour les Universités.

Visiblement l’État peine à appliquer à lui même cette politique de l’offre qu’il subventionne par ailleurs au travers d’un crédit d’impôt recherche et dont il serait bien en peine de montrer l’efficacité. A croire que l’enseignement supérieur et la recherche, quand il relève du service public, ne puisse être considéré comme de l’investissement. En refusant de créer des postes d’enseignants-chercheurs et de mettre un terme à la précarisation des métiers de l’enseignement supérieur, l’État ignore une demande pourtant bien présente et manque de préparer l’avenir !

 Par conséquent, les associations de science politique exigent qu’une politique ambitieuse d’accueil des étudiants en licence à l’Université soit enfin mise en œuvre avec, entre autres, une politique de l’emploi dans l’enseignement supérieur digne de ce nom.

Les associations de la science politique : AECSP, AFSP, ANCMSP

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